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Questions philosophico-pataphysiques

Jeudi 2 juin 2005 4 02 /06 /Juin /2005 00:00

Ce matin, à EclectiK, la chouette émission de Rebecca Manzoni sur France Inter (au passage, quelle voix cette Rebecca !), l'invité était Sebastião Salgado.

Même un inculte de la culture photographie comme moi sait que c'est un grand monsieur et un grand photographe. Salgado, c'est un peu le Zola du XXIème siècle de la photo: Il s'intéresse essentiellement aux victimes des malheurs du monde, et notre époque actuelle lui fournit tristement bien matière à travail (cf. ce très beau site web sur Sebastião Salgado). Il est aussi représentant spécial de l'Unicef, et fait souvent des photos d'enfants.

 

Ce qu'il y a de terrible dans ses photos, c'est leur intemporalité: La misère, en notre millénaire comme dans le précédent, reste la misère, et on a souvent l'impression que le temps s'est figé sur les visages et sur les corps. Le choix du noir et blanc, et le fait que la plupart des photos soit des portraits, rajoute a cette impression d'Éternité ou de perpétuel recommencement: Il y a malheureusement des parties du monde qui semblent ne jamais pouvoir s'élever, progresser, se libérer, vivre correctement enfin…

Bref, j'écoutais distraitement ce qui se disait dans le poste (distraitement, parce qu'il y a deux bouches à nourrir en même temps, le matin), quand mon oreille attrapa au vol une anecdote qu'il racontait (désolé pour la piètre qualité de la retranscription, c'est l'idée qui est intéressante): Lors d'une exposition, quelque part, de ses oeuvres, il est en visite avec Compay Segundo (si j'ai bien compris), quand celui-ci lui demande: 
"- Combien y a-t-il de tes photos exposées là, Sebastião ? 
- Environ deux cents."
, répond Salgado. 
"- Et tes photos, tu les prends en général au 1/250ème, non ? 
- En moyenne, ça doit être ça, oui, à peu près. 
- Et bien, ton exposition, en réalité, c'est moins d'une seconde de la vie du monde."

Fichtre.
L'Éternité se résume ainsi facilement en moins d'une seconde quand on est un grand photographe…

Par Cat Lord - Publié dans : Questions philosophico-pataphysiques
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Vendredi 27 mai 2005 5 27 /05 /Mai /2005 00:00

Justement, pas besoin:

Aujourd'hui, je reviens d'accompagner Merlin à la crèche. Je passe le grand carrefour, je remonte Priory Road, et j'arrive à l'embranchement des terrains de cricket. C'est alors que je remarque une petite mésange bleue, par terre, sur le bord de la route, à moins de 2 mètres de la poussette. "Pas farouche, la bestiole", je me dis. Je suis très surpris quand, m'approchant plus avant, elle ne s'envole pas. Bon, les mésanges bleues, faut le savoir, c'est des sacrés teignes et des courageuses: Ça se prend le bec avec plus gros que soi pour des raisons de voisinage, et en général, ça a le dessus. Mais là, je trouve ça étrange.

 
 

Je lâche la poussette et je m'approche pour voir si elle s'envole ou si elle a pas une aile cassée ou quelque chose. Apparemment non, elle volette comme il faut. Elle a bien encore des plumes un peu grises, donc elle doit être toute jeune. Peut être qu'elle est descendue du nid un peu trop tôt, la bougresse… Je suis diablement près quand même. C'est une route pas trop passante, mais avec son lot de voitures, de chats, et surtout son bon millier d'ado boutonneux du collège a coté, plutôt du genre ZEP, qui ont la sensibilité d'un supporter de foot un soir de défaite, et la délicatesse d'un rhinocéros (Pour ceux qui connaissent, y a même des chavs, des vrais, avec des casquettes Burberry et les revers de poches de jeans qui vont bien avec).

Dilemme. Si vraiment ce passereau ne va pas bien, il ne survivra pas à la sortie des classes. Sans vraiment réfléchir, je me dis, "Allez j'essaye de l'attraper, si elle se barre, tout va bien." Arrivé à dix petits centimètres, elle s'envole et se pose sur une branche juste en face de moi. Bon, premier test passé, mais dix centimètres, c'est pas lourd madame la mésange; si j'avais eu des mauvaises intentions, seul votre autopsie aurait pu en témoigner. Je tends donc le bras, et … 
Je l'attrape sans difficulté sur la branche !

Incroyable. De ma vie, jamais j'aurais cru cueillir un jour un oiseau dans un arbre comme une vulgaire cerise ! Bon, elle se débat un peu, mais la messe est dite: Elle n'a rien de casser, n'a pas l'air complètement faible, mais je ne peux pas la laisser ici. Je continue donc mon chemin, et un peu plus loin, je la relâche dans un bosquet, bien a l'écart de la route, avec suffisamment d'orties tout autour d'elle pour décourager les mauvaises intentions.

Je repense alors au dicton stupide "On peut attraper un oiseau en lui mettant du sel sur la queue", que j'ai souvent entendu, petit. Et bien j'ai Googlisé tout ce que j'ai pu, pas moyen d'en trouver la provenance. Pourtant, il existe à la fois en français et en anglais. Y a bien Cerebos, qui en a fait sa pub et son image de marque, mais je suis pas sûr qu'ils en soient a l'origine. Voila donc un mystère qui restera non éclaircie, et cette petite histoire me permet d'ouvrir cette nouvelle rubrique: "Questions philosophico-pataphysiques", qui j'en suis sûr, me sera utile quand Merlin ou Nominoée auront l'age de me demander "Dis Papa, d’où vient le vent ?". 

PS: Quant à la mésange, si vous êtes d'une nature inquiète, je suis repassé au même endroit 4 heures plus tard après être aller chercher Merlin à la crèche. À moins qu'Elfin, la copine de Merlin (une superbe chatte écailles de tortue du quartier, qui, à une période, attendait tous les jours sur notre mur que Merlin revienne de chez sa nounou), ne lui est fait un mauvais sort, comme notre oiseau n'était pas dans un rayon de plusieurs mètres autour du lieu ou je l'ai lâché, je pense qu'elle s'en sortira. Peut-être que les mésanges aussi sont sujettes aux insolations, et, pas plus que les Londoniens, ne sont habituées aux 30 degrés Celsius alors qu'on est toujours au mois de Mai !

Par Cat Lord - Publié dans : Questions philosophico-pataphysiques
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